Des mots

A venir en octobre 2019:

Il comprendra que je suis toute entière à lui, dans cette haleine chaude et moite, dans cette chambre baignée de lumière, dans cet après-midi qui n’en finit pas, aux prises avec ce temps étiré qui nous laisse abasourdis à la venue de l’obscurité : on pensait que le soleil jamais ne cesserait de filtrer à travers les rideaux et pourtant, c’est déjà la nuit.

Sous ma langue, Revue Spasme, n°4, octobre 2019

 
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J’ai 5 ans, la maîtresse écrit des mots au tableau.
Elle s’assoit. Elle attend.
Les enfants se lèvent un à un, forment une file devant son bureau et lui disent à l’oreille la phrase qu’ils ont lue.
Bientôt ne reste plus que quelques enfants assis à leur place, ceux dont les parents ne leur ont pas appris à lire.
J’en fais partie et j’ai honte.
J’essaie de disparaître sous la table, dans le mur, dans l’espace, rien n’y fait. Je suis là et je ne sais pas.

Premier dilemme, Sur la pages abandonnés - Vol 3. Anthologie,2019, éditions Extensible
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Il pleut, Revue Spasme, n°3, avril 2019
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La première regarde ses mains dans la lueur blafarde du réverbère qui inonde la petite chambre sur rue et décide de les approcher du corps dont on ne perçoit que les épaules nues et le renflement qu’il fait sous le drap. Elle ne touche pas les épaules. Elle reste loin du dos. Elle attend le moment, la distance juste. Elle attend que le ventre s’offre.

Les seins blancs, Revue Spasme, n°2, octobre 2018

 
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Elle fait ce rêve si souvent que parfois il se poursuit dans la réalité. Elle traverse des champs, des chemins de bitume, des chemins de terre, des ravins, des forêts clairsemées et partout, partout, des mains sortent et des doigts s’accrochent au bas de sa robe, tirent sur ses orteils, ses pieds et ses chevilles.

Mille-Mains, Revue littéraire La moitié du fourbi, n°7, le bout de la langue, 2018.

 
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Je pose mon visage dans le creux de ton cou.
Jamais je n’ai écrit de tels mots. Mais il s’est passé quelque chose entre nous et je suis devenue sentimentale.
Le dernier jour il me dira avoir longtemps rêvé, fantasmé, imaginé notre amour et être émerveillé d’avoir vécu une réalité plus belle encore que tous ses rêves, fantasmes, fabulations. Il ajoutera J’ai été heureux pendant six semaines. Très heureux.
Et puis il partira. 
Mais ça je ne le sais pas encore.

Ce qu’on appelle aimer, Arnaud Bizalion éditeur, 2016.
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