Ce qui reste

Ce qui reste est un ouvrage né de la rencontre entre une photographe et un écrivain. En 2015, la photographe Laure Samama a photographié une maison abandonnée au Mexique. Ses habitants semblaient avoir quitté le lieu précipitamment ; mais la vie quotidienne y était encore lisible dans les objets familiers, les photographies, le linge, même si la ruine avait déjà commencé son œuvre. La photographe a ensuite demandé à l’écrivain Hélène Gestern, dont une partie des romans est fondée sur la question du sens à donner aux images, d’écrire sur ces photographies. Ce texte, qui en partie les décrit, en partie tente de reconstruire le passé des habitants du lieu en s’appuyant sur les traces qu’ils ont laissées, est aussi une méditation sur la photographie, la ruine et la mémoire.

“Prendre des photographies est une responsabilité ; écrire sur elles tout autant. La pellicule, les pixels capturent un fragment de temps et d’espace, prélevé quelque part dans le monde. De nombreuses théories expliquent à quel point l’image est un signe, sa composition subjective, son contenu sujet à interprétation. Elles sont toutes exactes. Mais elles tendent à oublier que la photographie s’appuie d’abord sur de la vie : les traces de la lumière qui ricoche, ruisselle, frappe ou nimbe des objets, des visages, des vêtements ou des paysages, offrant une forme à ce qu’elle dessine. Que ce qu’elle montre n’est pas seulement une construction intellectuelle, une vue de l’esprit, mais la trace chimique d’une réalité qui fut, qui fut vraiment – et c’est peut-être pour cette raison qu’elle nous fait battre le cœur.” Hélène Gestern